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Culture

L'autre visite

Le sceptre du goût

1 mètre 30 de bois orné de bronze doré... un bel objet, et rare de surcroît. On n'en dénombre que 3 au monde... N'allez pas croire qu'il s'agisse d'une arme, à moins qu'elle ne serve la guerre du bon goût. Frappé de fleurs de lys, et des armes de son détenteur - un dénommé Jacques-Antoine de Robec - il s'agit en fait d'un bâton de maître d'hôtel. Durant les premières années de Versailles il a rythmé les repas royaux dans l'antichambre du Grand Couvert, chez la Reine... une cérémonie publique remontant au Moyen-âge et devenue quotidienne sous Louis XIV. Quand le Maître d'hôtel du Roi saisissait son bâton, il devenait, trois quarts d'heure durant, le commandant du goût. Se tenant près du souverain, il dirigeait le service et le rituel, face au Maître d'Hôtel de la Reine qui officiait de concert. On mangeait comme dans une bonne maison bourgeoise : trois services, potages et entrées, rôtis et salades, entremets. En revanche la quantité des mets était importante : on pouvait dénombrer 50 plats différents. Ni le roi ni les convives ne mangeaient de tout : la domesticité profitait de la table. On appelait cela " service à la française ". Aujourd'hui on dirait " l'art d'accommoder les restes ". Bâton de Maître d'Hôtel Jacques-Antoine de Robec, vers 1670 Antichambre du grand Couvert, Grand Appartement de la Reine

Publié le 5 février 2020

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